13 janvier 2009

UEFA: Money cares to us!


La méthode est lu et approuvée. Elle parait même avoir copié/collé un siècle des meilleures techniques de presse des plus belles dictatures. Quand l’UEFA enfile son tailleur d’organisateur de compétitions, c’est presque le responsable «marketing » de PyongYang qui se déplace, pour expliquer à la planète entière comme « c’est beau un monde qui joue! ».
Silence, on investit!

Retour en arrière. Euro 2008, Jour J - 1 mois: Zurich amorce sa perforation de cerveaux. Dans la patrie des banques, on tambourine à la presse internationale que cet Euro‘là, dans sa version Tyrolienne et Helvétique du genre, sera celui de la banqueroute définitive du hooliganisme, de la réconciliation totale entre les peuples, et de la « total-war».à ceux qui refuseraient de signer le guide du « Football Bohême » entre Innsbruck et Berne. Soit…

Un goût de « déjà-vu »? Non sans chercher à remettre en question les dons de mélomanes du réseau presse de l’Uefa, la chanson était déjà la même la veille de « France 98», ou encore de « Germany 2006 ». Ils vous promettaient des frontières hermétiques au point de rendre dingue de jalousie Brice Hortefeux, porte parole de l’imperméabilité au poste frontière local. Copie rendue: à Marseille (1998), les marchands de poisson à la criée se souviennent encore du raffinement « so british » des gentlemen de sa majesté. En Allemagne (2006), pendant que les Anglais (assurément, l’élève hyperactif du groupe, difficile à canaliser) s’occupaient de mettre consciencieusement « à sac » la partie Ouest du pays…de l’autre côté, hools Polonais et Allemands redessinent à leur manière ces émotions du front de l‘est dont leur parlaient tant les manuels d‘histoire quand ils étaient écoliers. On adore…

Retour à Zurich. 6 juin 2008. La superproduction peut enfin commencer. Casting de luxe à tous les étages. Au programme: nouvelles règles de jeu à promouvoir, investisseurs des 4 coins du continent en fil indienne sur la table du traiteur local, des stars encore plus internationales, et même la qualification d’un pays qui fait pas partie de l’Europe! C’est entériné, pendant l’Euro, on a le droit de se gaufrer en balançant une chanson des années 40 quand joue la Manschaft, mais on arrête pas le football clean!

Fier comme un paon sur son fauteuil en rotin et asphyxié sous l’overdose de ballon rond, le supporter européen se réjouit du « bon déroulement » de la compétition côté « Fans Zone» ! Effet garantit, c’est les médias qui l’disent! Promis, à ce rythme là, on emmènera nos gamins assister au prochain Turquie-Angleterre!

Trêve d’ironie, petite disgression dans le bunker de la bande à Blatter, et compte-rendu détaillé de ce que la presse libre rapporte de sa valoche suisse: 2 semaines de compétition et plus de 600 arrestations pour des faits de violences autour des rencontres de l'Euro! Et si les cops du coin misaient cher sur l’absentéisme regretté du voyageur anglais, le championnat ne fût pas dépourvu de numéros complémentaires…pour le plus grand bonheur des (vrais) amoureux de ballon rond!

Ok, pour ceux qui s’attendaient peut-être à retrouver les couleurs et la chaleur d’Italia 90’s, il aura fallu se faire une raison! Mais à tous les étages, le mot d’ordre va à la perforation générale des frontières!

Entre expérience politique aboutit (Italie-Roumanie), Ost Front réussi (Hollande-Russie), Balkanisation des terrasses affranchie (Croatie, Croatie et re-Croatie) ou fiasco général (hémoglobine & gardav’ all inclusive) pour France-Hollande, et on en passe... On est (très) loin des objectifs annoncés dans les canards! Après tout, qui empêchera l’Européen saccagé de s’autoriser quelques congés (?) Entre investissements et garden-party pour mercenaires, cet Euro 2008 résonnera (encore une fois) comme celui d’une prise d’otage totale au milieu d’un football "hype" et déguelasse. Et gardez-vous le.

03 janvier 2009

Lyonnais et Fier: Carnet de Deuil


L'ancien joueur (1952-53) et directeur sportif de l'Olympique Lyonnais, Jean Pierre Cappon est décédé à l'âge de 78 ans. Jean Pierre Cappon avait également porté les couleurs du Racing Club Paris, de Rouen et de Grenoble.Il avait gagné la Coupe de France avec l'OL en 73 alors qu'Aimé Mignot était l'entraineur

16 décembre 2008

Fight-Club Vellocet: Tribute to David Fincher (& Hommage aux jeunesses Grecques)!


« Chaos, « confusion » et histoires de « savon »… David Fincher facture en 1999 une mise en scène « hardcore», on ne peut plus d’actualité 9 ans après sa sortie, plongeant l’audimat dans l’univers morbide des caves décorées à la sauce extrême violence, façon Kubrick et ses Droogies réanimés 20 ans après dans le dédalle américain. Bienvenus dans le Fight Club clandestin de Tyler Durden, lequel s'engouffre illico dans le monde des middle-kicks en solde, et du capitalisme le plus «No Life» du genre. On va pas faire dans le Télérama pompeux et arrogant, mais quand même petite autopsie d’un chef d’œuvre incontournable, se révélant ni plus moins comme la réincarnation cinématographique inspirée de quelques unes des préoccupations philosophiques de Nietzsche, Zizek ou Engels…

Fight Club, de l’or en barre sur la dégénérescence urbaine et la suffisance du libéralisme, un arrière goût de « morgue ou gloire » pour les disciples du Projet Kaos, un film à voir et à revoir, comme un trésor des familles!

Prologue:
« A la fin du premier mois la télé ne me manquait plus!.. »

John, trentenaire torturé et solitaire, dirige sans reproches sa carrière d’expert au sein d‘une compagnie d‘assurance internationale. Blasé de son quotidien monotone, et ne se satisfaisant plus des cadavres publicitaires gisant dans la boite aux lettres, il décide de tromper son insomnie en intégrant des clubs d’entre-aide psychologique où il côtoie des individus atteints d’handicaps irrémédiables. Finalement sans succès…

Très vite il fait la rencontre de Tyler Durden, un vendeur de savon énigmatique à la philosophie bagarreuse et anarchiste. Ensemble, ils décident de créer un, puis plusieurs, clubs de combat clandestins dont les règles se diffusent partout dans le pays.
Appuyés par une bande d’adhérents conquis, les deux hommes organisent une large campagne de destruction des symboles de la finance…

Au moyen d’une fiction subtile, David Fincher réactualise à sa manière l’opinion largement relayée, par nombres de penseurs ou militants politiques, selon laquelle une vraie démocratie ne pourrait être régulée par l’Etat et les lois, mais que par l’intermédiaire des mœurs antagonistes et les désirs opposés des citoyens.

Dans le prologue du scénario, John, aidé du déterminisme à toute épreuve de son compagnon de rue, dresse un « portrait » de société et refuse d’en partager le principe moral contemporain selon lequel le plus grand danger réside dans les différentes formes d’intolérance et de violence…
David Fincher développe l’idée qu’une haute dose de rejet et de confrontation est nécessaire pour élaborer une critique pertinente de l’ordre des choses, notamment du point de vue économique. Une position toute retrouvée dans l’œuvre de Slavoj Zizek, philosophe contemporain Slovène et fan hors pair du travail de D. Fincher. Slavoj Zizek attaquant tout au long de son parcours la position académique moderne qui impose à l’homme de nuancer et de relativiser ses propres positions, tout en simulant de fausses qualités d’ouverture d’esprit. Ceci décourageant toute tentative de réaction humaine sur l’organisation du système.

Ainsi progresse John, dans un rejet croissant des principes de l’éthique occidentale. Principes qui, toujours selon Slavoj Zizek, ont évolués en occident comme un mécanisme politique perfide, appelé démocratie, visant à étouffer toute tentative de réaction identitaire et idéologique.

Fincher politise John en tant que personnage digne de la philosophie d’Engels voulant que « seules l’inquiétude et l’insatisfaction font réfléchir l’homme sur lui-même ». Enfin, dans une interview consacré à Rock n’ Folk quelques temps après la sortie du film, le réalisateur présentait son héros en tant que réincarnation du surhomme Nietzschéin, « démolissant ce qui a été construit, se libérant en affrontant, s’affirmant en repoussant ses limites, rejetant ce qui n’est pas voulu, conquis comme tel ».

Dans un programme de la chaîne Arte diffusé le 24 Avril 2006, S.Zizek est amené à présenter son œuvre en répondant au paradigme la liant à « l’esprit » du film Fight Club. Zizek localise le problème de la dynamique économique actuelle comme le point de départ à la psychologie de John et Tyler. Une culture affirmant quotidiennement, en dépit des innombrables signaux d’alertes, que quelque chose d’aussi imprévisible, appauvrissant et dangereux que l’économie, doit être érigée au rang de science incontestable en Occident…à mettre entre toutes les mains, à célébrer sur l’autel de toutes les valeurs, l’Economie doit tout imprégner, balayer les idéologies, la culture, la politique, et par elle seule l’homme n’a le choix de survivre.

Fincher réhabilite dans les scènes de propagande interne au Fight Club, un principe classique selon lequel là où les idéologies et les oppositions vivent, le capitalisme (et son support technique qu’est la démocratie ) ne peuvent se développer. Fight Club renvoie les spectateurs à l’idée que, derrière son image de système tout-puissant imposant la mélodie du bohneur, l’ultra-libéralisme est en réalité bien plus précaire qu’il n’y parait, pouvant être anéanti par le simple fait d’une coupure d’électricité générale, d’un crack boursier ou d’un choc pétrolier, ou encore par l’action des membres d’un club de combat clandestin comme c’est le cas dans cette fiction.

Ici John doit faire face à son double Tyler.. Le réalisateur, dans la lignée des Nietzsche & cie défend qu’à l’intérieur de chaque homme sommeil une contre-identité d’essence nihiliste, autoritaire, destructrice et anti-éthique. Corrompre une carrière pourtant brillante, défier les hiérarchies, détruire ce qui a été acquis (un appartement de grand standing équipé du mobilier le plus design), ramener la femme (par l’intermédiaire de Marla la petite écorchure) au rang d’objet sexuel, et s’affranchir du poids de l’appartenance au monde libéral, tel que le fait John afin de mieux répandre son idéal anarchiste…Slavoj Zizek n’hésite pas à interpréter ce schéma comme un maquillage cinématographique du fascisme Italien révolutionnaire, datant de l‘avant guerre: une sorte de « Proto- Fascisme ».

Le chef d’œuvre de David Fincher déshabille et viol notre système, débarrassé du superflu, dépassant les représentations standards du régime officiel, pour en dégager ce qu‘elles renferment de plus « mécanique » et humain. 10 ans depuis ont passés et, fait réel, dans la continuité du film les clubs de combat clandestins se sont multipliés. La violence de John et Tyler Durden peut être conçue comme une violence créatrice, libératrice (et même réparatrice), ouvrant de nouvelles « fenêtres», et soulevant de nouvelles questions, notre époque apparemment la plus tolérante de l’humanité voyant son histoire de la violence perdurer…

10 novembre 2008

Le Supporter Chimique (Part 2!)

Le premier trip de tous les trips. Au début rien. Et puis…une douce coulée te dégouline de la nuque au coccyx comme une nappe de chocolat sur une profiterole. C’est chaud, moelleux, et en même temps sec. Exitant. Comme si quelque chose glissait entre les omoplates. T’as beau savoir que tout ce qui « monte » va redescendre, en attendant chaque spasme envoie une rafale de frissons survoltés.

Au début des années 70, Alexander Shulgin facture la Data Base et l’ordonnance du désordre chimique en devenant le premier « designer-drugs » proclamé.
C’est quoi? Un inventeur de drogues de synthèse fabriquées dans un laboratoire plutôt bien planqué. On invente des centaines de nouveaux "smarties" à partir des seules amphétamines. Et l’ecstasy est une amphétamine trafiquée, plus exactement méthoxylée. Avant d’être synthétisée, elle a été dessinée. Et puis un jour quelque un y a goûté!

Phénomène remarquable: pendant longtemps l’ecstasy ne fût pas illégale en France pour la bonne raison qu’elle n’était pas recensée! Comment mettre au tableau B une vitamine dont la définition échappe à la loi? Aux USA en revanche, sitôt l’interdiction proclamée, les designers lancent sur le marché le MDMA, une molécule toute proche mais assez différenciée pour ne pas être recensée. De nouveau bannit des playground, les capitales américaines et européennes voient circuler une autre pilule de l’amour, le MMDA (surnommé Euphoria) On arrête pas l’homme chimique comme ça! Ca a le goût de l'ecstasy, ça a les effets de l'ecstasy, mais c'est plus une drogue illégale, seulement une amphétamine banale...

L’époque est alors à l’explosion du LSD. Et de tous ses dérivés, comme le DMT qui vous procure un trip surpuissant et furtif, le SPD qui vous embarque pour 3 jours…Les réactions d’enthousiasme collectif qui accompagnent la découverte du LSD valent celle de Freud goutant la cocaïne. Et les chimistes comparent Alexander Shulgin à un musicien de synthé. Le Jean-Michel Jarre de la conception sur-mesure de drogues chimiques.

Le MDMA synthétisé pendant les années 70, à savoir le 3.4 méthylènedioxyméthamphétamine, demande un savoir-faire méticuleux en termes de fabrication. Il arrive parfois que des chimistes par intérim se vautrent dans les dosages et fabriquent des produits proches, mais sans effets psychés et surtout plus agressifs comme le PMA, le TMA ou le DOB. Tout ce qui ressemble à du speed classique sera un "fake".

01 novembre 2008

Gabriele Sandri & Ultras Lazio: "La révolution commence dans les gradins"...


La Repubblica-Rassegna Stampa Italiana (Presse Notif)

Dans la nuit d'un derby qui, au nom de Gabriele Sandri, s'annonce comme celui de la "réconciliation publique entre 2 camps", au moins entre virages, c' est une découverte dont il s'agit. De cette haine qui couvait dans les travées du stade Olympique, quel qu'en soit le signe idéologique et l'adversité possible, laquelle puisse être le débouché de la colère, dans et hors du stade. Mais pas cette nuit. Pas demain. Plutôt dans un avenir pas trop lointain.

C'est un roman de vingt-neuf pages au titre ironique - "Ultras: au-delà du temps. Histoires de barricades et lacrymogènes" - qui, à l' aube du 23 février dernier, est trouvée dans un appartement de Ponte Lungo, quartier Tuscolano. L' homme qui est en sa possession, ce n'est pas exactement un gamin. Il s'appelle Roberto Sabuzi. Il a 41 ans et un travail. Il se fait appeler "Le capitaine". Ils lui mettent les menottes sur ordre du ministère public. Parce qu'il a participé aux faits du 11 novembre 2007, le dimanche de la vengeance, de la prise d'assaut aux casernes. La nuit dans laquelle le sang de "Gabbo" (jeune supporter laziale défunt des suites d'une bavure policière) appel à faire couler un autre sang.

Les enquêteurs, qui se passent entre les mains le feuillet, se frottent les yeux. Pas vraiment pour féliciter ce délirant squelette idéologique qu'il soutient. Mais par conséquent ce document, pour la première fois, suggère et théorise : une embrassade entre une forme de fascisme primordial, celui des origines, et les idées de la rébellion anarchique. L' urgence d'une nouvelle forme de "clandestinité" dans les virages, récupérant les origines de la "pensée ultras" en rendant invisible les nouveaux symboles dont cette pensée s'inspire ; la nécessité de rompre le "ghetto" du stade pour exporter dans les places "la révolte". Enfin, une nouvelle "adversité de la rébellion violente", comme décrit au début du document : "Nous dédions cet écrit à tous les patriotes, révolutionnaires et rebelles Italiens. En particulier : à Garibaldi, aux équipes d'action ; aux Arditi de la première guerre mondiale ; à Benito Mussolini ; (...) aux héros de Bir El-Gobi et El-Alamein ; à Carlo Giuliani, pour ne pas oublier ; à Edo, Sole et Baleno, comme à tous les anarchistes disparus dans les prisons d'état dont on n'a pas de nouvelles depuis des années, avec immense respect pour eux".

Le roman fait de brèves annotations. De Sabuzi, les enquêteurs sont convaincus de l'implication. Il en est vraisemblablement aussi un des rédacteurs. Sûrement, le roman a circulé et circule dans les virages.

"Nous tenons à préciser - on lit - que ce polycopié n'a absolument pas de but lucratif. Les petites offrandes serviront à soutenir les dépenses judiciaires des familles de nos amis (...) Tous les combats auquel nous avons participé ne peuvent êtres décrits. Quelques-uns de nous devraient commencer par raconter la fin des années 70 (...) " Aucune reddition à l'assaut du temps, par charité. De nouvelles envies de rébellion s'ouvrent à qui sait trouver la rue. Vous ne trouverez pas de noms, noms de famille, codes d'identification. Celui qui doit comprendre, comprendra.

Le groupe se présente ainsi: "Nous sommes ultras romains et nous voulons manifester notre privation, parfois dégoût, vis-à-vis d'un milieu qui ne nous appartient plus (...) Dans l'inexorabilité et dans la dureté d'une répression invoquée par les "trafiquants de l'opium du peuple" (le calcio), les ensemencés d'incultures sociales, de la mesquinerie des pseudo-ultras, devant le Dieu argent, liens jusqu'à hier indissolubles se dissolvant en provoquant des fractures incurables". La rue est un retour donc à la "pureté", sous le parapluie d'un nouveau sigle "Ultras Lazio".

"Ultras Lazio - on lit - est la rencontre d'anciens militants du virage Nord avec les jeunes ultras qui veulent effectivement expérimenter l'impulsion de la mentalité ultras au lieu de n'importe quel autre expérience existentielle, qui est considérée par ces jeunes, avec mépris, comme "bourgeoise".

Prend ainsi corps l'idée d'un mouvement anti-politique rebelle et irrégulier, le même qui a marqué l'histoire du "premier fascisme", celui que les historiens appelent "fascisme révolutionnaire". Pour quoi faire? "Le noyau le plus conscient des Ultras Lazio - continue le document - a une arrière-pensée théorique revendiquant la violence des ultras comme une réponse à la stérilité des politiques ainsi qu'aux mensonges du capitalisme.

Dans le délire de l'équipe fasciste, le roman indique la recherche d'union avec chaque forme de radicalisme - "nous réservons estime, sans aucun doute, à ces "camarades" dont nous partageons la mentalité radicale, barricadés, mis sur le banc de touche dans leur lutte des opprimés et des marginaux". "Pour les jeunes des équipes fascistes de 1919 et de 1920, le mouvement devient une rébellion aux coutumes, à la morale, aux hypocrisies et aux faiblesses de la bourgeoisie. Résonne le cri de bataille des jeunes comme un défi entier contre la soçiété, et reste le classique "Duce, Duce".

Dans la fiche dans lequel Sabuzi gardait le polycopié du "nouvel ultras", un second document de 23 pages, en langue anglaise, intitulé Bodyhammer : tactique et autodéfense pour protestataire moderne - traduit la théorie en pratique de la violence. Ça va de l'histoire des centurions romains et de la formation de la tortue, aux bagarres de Naples (17 mars 2001) entre No-Global et police. De cette expérience est conseillé de rappeler "l'utilité des grands boucliers de plexiglas". "Légers, faciles à produire, psychologiquement désarmants pour la police, qui ne pourra pas voir la première ligne de contact, en perdant ainsi le sens de l'adrénaline vis-à-vis de simples charges lancées".

27 septembre 2008

UK 1969: The Football Express


L’évolution des sports de ballon en général, et du football en particulier, à toujours été, chronologiquement parlant, étroitement liée à la violence. Il n’est pas illogique d’inscrire le football dans la continuité des jeux anciens où certains comportements des foules nécessitaient la prise en compte de mesures sociales particulières: maintient de l’ordre, interdiction de stade etc…Une des premières traces se trouve dans les écrits de Tacite relatant la rixe de Pompéi en 59 après J.C. Lors d’un spectacle de gladiateurs regroupés en 2 formations distinctes, des affrontements entre spectateurs des colonies de Pompéi et de Nucérie firent de nombreux blessés, au point que les Pompéins furent interdits de manifestations sportives et les associations dissoutes.

Curieusement, « l’esprit » du football, avec sa genèse vers la moitié du XIX ème siècle, est lui-même lié à la violence (selon les 2 explications britanniques les plus répandues). La première en attribue la paternité aux industriels des bassins miniers des Midlands qui, soucieux de voir leurs ouvriers distraits par des conditions de travail accablantes, cherchèrent à développer cette activité susceptible de canaliser leur attention, et de les défouler une fois le week-end venu. La seconde est à mettre au compte des recteurs de l’université d’Oxford qui voulurent imaginer une activité physique intense capable de canaliser les élèves les plus agités. Sur les stades des bagarres de plus en plus fréquentes accompagnaient les matchs anglais depuis la fin du XIX ème siècle. Mais la Grande-Bretagne des années 60 voit émerger une nouvelle forme de violence qui n’est plus en relation avec des résultats sportifs ou des évènements répondant au schéma " frustration-agression", mais à une violence organisée, et très souvent en groupe. Les violences qui se donnent à voir dans ou aux abords immédiats des stades semblent moins spontanées. Elles ne trouvent plus forcément leur origine dans le jeu, le résultat du match, ou dans l’arbitrage. Ces épisodes fréquents de rixes marquent le passage d’une violence propre à la culture des spectateurs de football, à une violence motivée par des réflexes culturels.

Selon A. Wahl, historien britannique du football, le hooliganisme est avant tout une conséquence de la modification économique au sein du sport roi. L’Angleterre de la fin des années 50’s et du début des 60's voit en effet 14% de sa population vivre en dessous du seuil de pauvreté, n‘arrivant plus à juguler chômage et inflation. Le football voit d’autres sports (plus abordables) se démocratiser, et les stades connaissent alors une baisse de fréquentation inquiétante. Sous l’impulsion de Margaret Thatcher, préconisant une sortie de crise au prix de la politique du « libéralisme strict », les responsables du football britannique entendent résoudre ce problème de désaffection en optant pour la spectacularisation du jeu, à travers la professionalisation des joueurs, l’apparition de campagnes publicitaires massives, une amélioration du confort des tribunes, mais aussi par une transformation des stades. La démocratisation du football, sa diffusion à toutes les couches de la population, et ces nouvelles places disponibles dans les stades entraînent l’apparition de publics différents, moins connaisseurs, socialement plus aisés... Ce nouveau football bouleverse les valeurs établies. D'un sport de classe il se transforme petit à petit en produit de consommation.

Selon Bourdieu (dans ses « Travaux de Bourdieu ») c’est encore dans la mutation du facteur économique que germera le hooliganisme. Logique: soucieux de préserver l’ambiance au sein de leurs enceintes, les responsables des clubs décident de consacrer une partie de leurs stades à un public populaire, issu de la classe ouvrière: les virages. Brombergé explique qu’en offrant des billets bon marché, les présidents encourageront un regroupement massif de jeunes qui s’approprieront leur virage, rendant autonomes ces parties de stade.

Ainsi les virages deviennent le territoire de jeunes lads se liant en fonction du club qu’ils soutiennent, de leur quartier de naissance, ou de leur « rought-culture » d’appartenance (rude-boys, skinheads…) Tous désireux d’avoir, eux aussi, accès à la vitrine professionnelle du sport qu’ils pratiquent en club ou entre potes depuis l’enfance. Enfin, tous désireux de former ensemble la « firm » (bande) représentant le club de leur cœur sur les gradins. Germe alors un mouvement de culture de la rivalité, où le virage devient un mode de construction identitaire, en opposition au parcage visiteur. Le hooliganisme est né…

Aux 4 coins de la Perfide, et à Londres à particulier, des regroupements de youngs prospérant dans leur chaos s’opèrent en direct. A cette époque, difficile toutefois de parler de « firm » au sens nominatif du terme, et dans l‘organisation aussi. Dans les clubs de première et deuxième division, les rassemblements (principalement de jeunes skinheads blancs) bourgeonnent en donnant naissance à un mode de vie sous forme de meute. Les skinheads & co deviennent artistes dans ce qui sera le jeu d‘un pays tout entier: aller au stade en bande pour prendre possession du virage adverse…

Dès 1968, le journaliste Lord Harrington met en évidence dans son rapport, que les hooligans arrêtés et interrogés sont tous d’authentiques supporters de leur équipe, jeunes et érudits, possédant une solide connaissance du football, des joueurs, et une majeure partie d’entre eux vient au stade en portant des insignes caractéristiques de leur clubs respectifs. Cette étude aurait alors pu trancher sur un fantasme qui perdure aujourd’hui: le hooliganisme est principalement le fait d’authentiques supporters de football, mêlant sport avec territoire. Pour E. Erhenberg, l’obsession à marginaliser le phénomène est claire. Il s’agit d’abord, pour le football, de garder une image de sport propre, mais également de s’affranchir de toute responsabilité morale, concernant le fait d’avoir suscité la venue d’un nouveau public et de l’avoir sciemment (ou non) laissé commettre des délits. Ensuite, de se dégager de toute responsabilité financière et morale pour les infractions commises, notamment vis-à-vis d’investisseurs ou des assureurs.

Dans le courant des années 70’s, de Swansea à Portsmouth, de Bristol à Manchester, en passant inévitablement par Liverpool où Londres, chaque club possède désormais une bande organisée, affairée à la défense de son territoire. Légende vivante des gradins anglais, et jadis meneur du « Mile-End» puis de l’ « ICF » de West-Ham, Cass Penant évoque une révolte des jeunesses de la classe ouvrière, entraînant des centaines d’ados (ayant à l’époque de 12 à 20 ans), dans un univers où chaque groupe cherche la reconnaissance en s‘opposant violemment, ou en envahissant les terrains, en affichant sa supériorité et en cherchant à conquérir le virage adverse. Le phénomène est d’autant plus accru à Londres du fait de la proximité géographique extrême entre chaque club. Les différentes bandes se livrent chaque week-end à un véritable championnat parallèle, dans des affrontements multiples, encore circonscrits dans les gradins ou dans leurs alentours directs.

Dans les 70's il est encore difficile de parler d’une véritable culture hooligan, tant du point de vue musical, que vestimentaire ou du langage . Celle-ci est plutôt la somme du mélange entre plusieurs autres mouvement de l'underground, mouvement skinhead en particulier. Mélange, dont le point de chute sportif donnera naissance au fil des années, à une culture hooligan à part entière.

Au pouvoir à la même période, M. Thatcher s’emploie à redresser coûte que coûte l’économie du pays, fût-ce au détriment des classes ouvrières et au prix de la fracture sociale qui s’installe. Les mesures économiques et sociales drastiques prisent à l’encontre de la working-class ont plaçé sous contrôle la prolifération du hooliganisme. La brutalité du projet Thatchérien, qui ambitionnait de l’effacer culturellement et socialement au moyen d‘une répression féroce, libéra en fait des facteurs puissants aboutissant à l’apparition début 80’s d’un hooliganisme "repensé"-plus discret et organisé, abandonnant les influences culturelles de mouvements trop voyants... au profit de l‘émergence, ou résurgence (si l‘on s‘en fit à ses premiers acteurs Victoriens ou Mods) d‘une culture en plein essor: le mouvement « casual ».

Ne restait plus qu’à contaminer l’Europe entière...
Depuis lors pas moins de 3 décades se sont écoulées. Et à défaut d'avoir pu concrètement enrailler le nombre d'incidents ou d'arrestations, les autorités Britanniques ont au moins su faire respecter leur stratégie médiatique, interdisant aux services médias de communiquer sur la fréquence des rixes entre bandes rivales. Tout porterait à croire que l'histoire marriant football et débordements n'est pas prête de s'arrêter...

21 septembre 2008

1939-1945: Deux Lyonnais contre le temps...



Lyon en 39-45, une ville qui (à l'image de ses traboules) savait tout mais ne voulait rien montrer. De l'aveu de tous les historiens qui se penchèrent sur la situation de la Capitale des Gaules à l'époque, on parle d'un contexte impossible à décrire, et de jeux d'alliances ou de trahisons complexes à déchiffrer, tellement les activités résistantes et collaboratrices y furent intenses. 2 camps ennemis plus tard, destins croisés entre 2 esprits lyonnais oubliés des récits historiques de notre région. 2 esprits qui consacrèrent l'essentiel de leur vie au service d'une guerre trop longue. Henry Frenay et Savitri Devi, 2 Lyonnais "contre l'autre camp" et "contre le temps"!



Savitri Devi (1905-1982):

Savitri Devi était une française, partisane de l'indépendance de l'Inde, admiratrice de l'Hindouisme et du Nazisme. Elle naquit en 1905 à Lyon, son nom original était Maximiani Portas. Selon elle, elle devint nazie après avoir visité la ville de Jérusalem dans les années 1920. Elle fut l'élève du logicien Edmond Goblot. En 1932, elle s'installe en Inde, et lutte contre l'influence de l'islam et du christianisme dans ce pays. Elle soutient, durant la Seconde Guerre mondiale, l'Axe Rome-Berlin et donna, selon elle, des informations aux Japonais.

En 1956, elle écrivit un livre qu'on pourrait qualifier comme étant son "chef-d’œuvre", La Foudre et le soleil, dans lequel elle décrit sa "philosophie d'histoire" où elle décrit trois types d'homme:

-L'homme en dedans le temps: il utilise les mœurs de son époque par profit personnel, comme Staline.
-L'homme au-dessus du temps: il vit sa vie en accord avec les mœurs d'un âge passé, en général un âge considéré comme étant un âge d'or, mais il n'a pas beaucoup d'influence envers son entourage contemporain. L'auteur cite Akhenaton.
-L'homme contre le temps: il utilise la violence afin de provoquer un changement dans la société, pour retourner à une société aux mœurs et valeurs anciennes. L'exemple cité est Benito Mussolini.

En marge, l'auteur consacrera une bonne partie de sa carrière à la défense de la cause animale.

De 1960 à 1962, elle est professeur auxiliaire à Lyon sous le nom de "Madame Portas". À partir de 1962 et dans les années 1970, elle retourne habiter en Inde et devint active dans les cercles néo-nazis. Quelques-uns de ses écrits ont été publiés en Amérique par le nazi William Pierce. Son livre " Akhénaton fils du Soleil " qui décrit le potentiel à réunir l'Asie et l'Occident n'a été publié qu'après sa mort par les éditions Rosicrucienne (1 septembre 1991).

Henry Frenay (1905-1988), Inventeur de la Résistance Française:

Henri Frenay est né le 19 novembre 1905 à Lyon. Il est issu d'une famille d'officiers, catholique et lyonnaise, et appartient à cette génération qui célèbre la France victorieuse de 1918 et voue une haine terrible à l'Allemagne. Henry Frenay fait ses études au lycée Ampère de Lyon, il est plutôt de tendance nationaliste et conservatrice. Scolarisé dans le 1er arrondissement, il partira successivement faire l'école militaire de Saint-Cyr, puis s'engagera sur le front de Syrie.

Il rencontre Berty Albrecht en 1934. Grâce à elle, il entre en contact avec des réfugiés allemands anti-nazis et en vient à s'intéresser au nazisme dont il découvre alors la doctrine à travers la lecture de Mein Kampf . Convaincu que la France finira par se relever de l'invasion Allemande, il se met en devoir de rassembler à Lyon, en août 1940, un début de réseau pour ce qui sera le premier mouvement historique de Résistance Intérieure, le Mouvement de Libération Nationale (MLN). Dans cette même période, il parvient rapidement à mettre sur pied un service de presse clandestine, qui imprime un journal alors intitulé "Les Petites Ailes", et qui sera rapidement renommé "Vérités".

Frenay est ensuite envoyé à l'État-Major du renseignement militaire à Vichy, unissant les mouvements naissants de chaque provinces, tout en prenant soin de respecter un cloisonnement très strict pour éviter tout "coup dur". De la suite de ces fusions successives, le MLN est renommé en MLF, Mouvement de Libération Française. Recherché par la Gestapo et par la police Française, il plonge rapidement dans la clandestinité et adopte différents noms d'emprunt comme Henri Francen, Morin, ou Charvet, nom sous lequel il était connu des services britanniques. En zone libre, son journal "Vérités", se transforme en "Combat" fin 1941, dont le sous-titre est "Organe du mouvement de la Résistance Française". A préciser que le réseau d'Henry Frenay est également appelé "Résistance non-communiste de la zone sud".

En juillet 1941, il rencontre à Caluire un ancien préfet, Jean Moulin. C'est Henri Frenay qui le formera et l'introduira à la clandestinité, faisant d'emblée confiance à cet inconnu qui l'impressionne. Il lui dévoile le fonctionnement de "Combat".
En janvier 1942, nouvelle rencontre avec Jean Moulin, de retour de Londres, chargé d'unifier la Résistance française et de la rallier à de Gaulle. Il le voit ensuite fréquemment jusqu'en 1943. Moulin apportera avec lui le financement de Londres, qui alimentera dès lors les mouvements de Résistance.

En 1944, il fait partie des délégués de différents mouvements nationaux de résistance qui se réunissent chez le pasteur Willem Visser à Genève pour rédiger puis adopter la Déclaration des résistances européennes. A la Libération, il est d'avis que la Résistance ne doit pas s'arrêter "au dernier coup de canon" mais devenir le moteur d'une reconstruction politique et sociale du pays.

Opposé à la présence française en Algérie, il appel finalement à voter contre De Gaulle.